Théo t'explique ce qu'était la gabelle au XVIII° siècle:
La gabelle est une taxe sur le sel. En effet, le sel fut longtemps le seul moyen de conserver les
aliments et était donc un élément stratégique.
Avec le sel, on fabriquait des salaisons et l'on
séchait poissons et viandes douces. Il était également une indispensable composante
nutritive pour le bétail. Enfin, il fut sous l'Ancien régime utilisé comme monnaie d'échange et
il servait même quelques fois de salaire, d'où le nom de ce mot.
Le sel fait l'objet d'un monopole royal. C’est-à-dire que seul le roi a le droit de faire
commerce du sel. En fait, le roi s’appuie dans chaque province sur des fermiers généraux (la
Ferme) ayant des employés contrôleurs : les gabelous.
La Ferme paie au Roi une somme fixe et se rembourse ensuite sur les sujets comme bon lui
semble.
La gabelle n'est pas la même partout. Elle dépend des provinces (pays):
La carte des gabelles en 1789:
- Les pays francs, sans impôts, soit parce qu'ils en sont dispensés par le roi, soit parce que ce
sont des régions maritimes: Artois, Flandre, Bretagne, Vendée, Aunis, Basse-Navarre, Béarn
- Les pays rédimés qui ont acheté une exemption à perpétuité : Poitou, Limousin, Auvergne,
Saintonge, Angoumois, Périgord, Quercy, Bordelais, Guyenne
- Les pays de salines (producteurs de sel), on pouvait acheter le sel directement aux salines d'état : Lorraine, Alsace, Franche-Comté, Lyonnais, Dombes Provence,
Roussillon
- Le pays de quart-bouillon (Normandie côtière): on avait le droit de faire bouillir de l'eau de mer.
- Les pays de petite gabelle, où la vente du sel est assurée par des greniers à sel, mais où la
consommation est généralement libre: Dauphiné, Vivarais, Gévaudan, Rouergue,
Languedoc
- Les pays de grande gabelle, on doit y acheter obligatoirement une quantité fixe annuelle
de sel, ce qui transforme la gabelle en un véritable impôt direct: Normandie, Champagne,
Picardie, Île-de-France, Maine, Anjou, Touraine, Orléanais, Berry, Bourgogne, Bourbonnais.
Cet impôt reste la taxe la plus impopulaire et a engendré une contrebande spécifique,
celle des « faux-sauniers ».
Le faux saunier était un contrebandier qui allait acheter, par exemple en Bretagne, sur
l'autre rive de la Vilaine, du sel qu'il revendait dans le Maine, après l'avoir fait passer en
fraude sans payer la gabelle. Il encourait la condamnation aux galères s'il travaillait sans
armes, la peine de mort s'il avait des armes.
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